Il m’a posé des questions que personne n’avait osé poser auparavant. Je l’ai interrogé sur les conséquences à long terme, sur la sexualité après un traumatisme, sur la maternité, sur les relations, sur le silence, sur la culpabilité, sur la résilience. Je lui ai tout dit sans détour, car il devait savoir, car les futurs lecteurs de son œuvre devaient savoir, car l’histoire ne se réduit pas à des chiffres et des dates.
Il faut de la chair, du sang, des voix humaines. Il faut comprendre ce que la guerre fait réellement aux gens. Pas seulement sur le moment, mais aussi plus tard, des années, des décennies plus tard. Maxime m’a demandé si j’avais pardonné. C’est une question qu’on me pose souvent. Comme si pardonner était une obligation morale, comme si c’était le seul moyen de guérir. Je lui ai dit que je ne savais pas, que je ne savais pas ce que le pardon signifiait dans ce contexte.
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